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Villa Eilen Roc

Connue de la haute société internationale depuis plus d’un siècle, cette demeure privée devenue fondation, est maintenant un lieu de réception de la municipalité.
Désormais accessible à tout visiteur, le parc d’une dizaine d’hectares qui borde une portion du littoral sauvegardée par l’initiative de Mrs. L.-D. Beaumont, constitue un but de promenade.
La maison concerne les visiteurs intéressés par une version dépouillée de l’architecture Belle Époque.

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À l’extrémité d’une large avenue dont la courbe savante permet de découvrir progressivement la beauté des lieux, la villa Eilen Roc respire le luxe altier d’une demeure aristocratique. Charles Garnier, architecte des opéras de Paris (1875) et de Monte-Carlo (1878), revenait à des formes plus retenues lorsqu’il construisait pour des particuliers.

Eilen Roc est un chef-d’œuvre de sobriété néoclassique dont les froides colonnades contrastent résolument avec la surcharge décorative de bien des villas Second Empire de la Côte d’Azur. La grande terrasse au midi remaniée en 1930 par Jacques Gréber, architecte en chef de l’exposition internationale de 1937, domine un escarpement de trente mètres qui tombe à pic dans la mer.    

Dans son livre La Côte d’Azur, publié en 1887 dont le titre servit aussitôt à désigner le littoral de la Riviera française, Stephen Liégeard décrit ainsi le site : “Assise sur la pointe extrême du promontoire, soixante-sept marches taillées dans la roche vive mettent ses balustres en communication avec des grottes naturelles, sortes de cuves profondes où l’eau sans cesse agitée se livre, même en temps calme, à de violents remous […]

Nulle autre situation peut-être, sur toute la corniche, ne saurait se comparer à celle d’Eilen Roc.” Or une photographie de la villa juste après sa construction en 1875, montre l’édifice s’élevant sur une table rocheuse désertique que cache par endroit, un maigre maquis. Il a donc fallu amener en charrette jusqu’ici la terre nécessaire pour obtenir pelouses, massifs, pinède, bref ce parc touffu aux senteurs balsamiques.

Déchiffrant Eilen Roc en commençant par la fin, on obtient CORNÉLIE, prénom de la compagne du commanditaire de la villa, Sir Hugh Hope Lounden, ex-gouverneur des Indes néerlandaises. Le charmant anagramme ne porta pas chance à ce haut fonctionnaire car l’histoire dit que Cornélie le quitta avant d’habiter cette intimidante demeure.

La liste des signataires du livre d’or d’Eilen Roc est impressionnante. Elle mêle des têtes couronnées de l’Europe de la Belle Époque à des artistes du cinéma naissant, des princesses et des grands-ducs à des romanciers de passage, des maharadjahs à des magnats de l’industrie du nouveau monde…

Bibliographie :
Liégard S., op. cité.

 


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