Depuis le début des années quatre-vingt, la presse est de plus en plus influencée par la télévision qui imprime son rythme à l’ensemble des médias comme en témoigne la contamination par la télévision du traitement de l’information dans la presse écrite. Cette dernière y a sans aucun doute perdu en crédibilité, phénomène illustré par les grandes manipulations médiatiques de la fin du XXème siècle.
Le renversement de Ceausescu en Roumanie, en 1989, est l’occasion d’une opération de désinformation, menée par la télévision roumaine qui, à Timisoara, montre les victimes d’un prétendu massacre ou donne des versions fausses des rôles respectifs de l’armée et de la police secrète. En France, cette manipulation réussit à égarer hommes politiques et opinion publique.
La guerre du Golfe, en 1991, perpétue les techniques héritées des guerres antérieures : désinformation, production de fausses nouvelles et de rumeurs sur le potentiel de l’armée ennemie, sur les pertes, sur l’envergure de la marée noire, etc. Ces éléments sont reproduits dans la presse sans contrôle. De plus, et c’est un fait nouveau, l’information est influencée par la propagande de l’un ou l’autre camp. Ainsi, tournages télévisuels, photos et reportages écrits sont contrôlés et censurés par les militaires de la coalition anti-irakienne. Un autre aspect de cette guerre psychologique est la façon dont les militaires ont réussi à donner l’image d’une « guerre chirurgicale » aseptisée et ne concernant que des professionnels alors même que les bombes à guidage laser ne représentent que 7% des 28 500 tonnes de bombes déversés sur l’Irak et le Koweït.
En matière d’environnement, l’information aussi peut être censurée par les autorités comme le montre la catastrophe de Tchernobyl le 26 avril 1986. Tandis que le Sud-Est de la France est contaminé par les déchets radioactifs dans les jours qui suivent, la presse annonce néanmoins que le danger pour l’Europe occidentale semble faible.




