Charpente métallique
Les charpentes métalliques des cinq coupoles présentent une corrosion superficielle généralisée. Il n'y a semble-t-il aucune opération de remise en peinture desdites charpentes depuis leur construction. Les altérations constatées ne semblent cependant pas avoir entraîné de diminution de la section des profilés notables ou devant remettre en cause leur résistance.
Aucune altération structurelle n'est perceptible.

Système d'accroche des tuiles
Le système d'accroche des tuiles présente des insuffisances qui ont motivé la mise en place de la présente étude. Le métal employé, de couleur jaune, semble être du cuivre ou du laiton. Par simple examen visuel, on remarquera que la rupture de ces fils est soudaine et se produit sur des attaches semblant a priori saines et dépourvues de traces de corrosion ou d'altération en profondeur. D'une manière générale on notera que la section des fils employés est sous dimensionnée pour garantir une durabilité suffisante.
La cause de la rupture des fils ne semble pas pouvoir être liée à des phénomènes de corrosions galvaniques, qui, s'ils existaient ici, produiraient non pas une altération du cuivre mais de la charpente en acier . La cause de l'altération des fils n'étant pas d'ordre chimique,
il faut à présent considérer qu'elle puisse être d'ordre mécanique. Nous avancerons alors que la rupture des fils peut être due soit à des phénomènes de torsion répétée ayant cours, soit à des torsions ayant été exercées autrefois. La première hypothèse est fort peu probable, voire impossible puisque les tuiles ainsi que la charpente sont immobiles.
Par contre, la possibilité de torsions ayant été exercées autrefois est plus qu'envisageable puisque le simple fait de fermer les fils en boucle en les torsadant crée une altération de la structure du métal.

Tuiles vernissées composant la couverture
Les tuiles sont en majorité saines. On constatera cependant qu'environ 20 à 25 % présentent des altérations de plusieurs natures.
10 à 15 % des tuiles ont été re-émaillées lors de la précédente campagne de travaux.
Il apparaît que cette opération a consisté en fait en une mise en peinture à partir d'une laque et non d'un réel émaillage à froid ou par cuisson. Ces tuiles n'offrent plus aujourd'hui une étanchéité suffisante.
On trouve encore une proportion de 10 à 15% de tuiles anciennes fendues pour des raisons diverses (impact de balles, conditions météorologiques …).
Le reste des tuiles présente un état sanitaire satisfaisant et on note parmi elles que 10 % sont des tuiles récentes mises en place lors des travaux qui ont eu lieu il y a une quinzaine d'années.
1 : Dans un milieu jouant le rôle de liquide catalyseur, on observe que le fer ou l'acier
se "sacrifie" toujours au profit du cuivre.
Pierre-Antoine GATIER
Architecte en Chef des Monuments historiques