Les 660 hectares du parc de la Grande Corniche, situé sur le territoire des communes de La Trinité, Villefranche-sur-Mer, Èze et La Turbie, s'étendent du mont Leuse jusqu'au mont Bataille. Découvrez "ce qui fait de ce coin de terre une chose unique en Europe". C'est ainsi que le philosophe Frédéric Nietzsche avait qualifié la bande littorale au cours de ses séjours à Nice. Comme lui, partez à la découverte de ce panorama depuis la Maison de la nature.
Quand le ciel est dégagé, vous découvrirez au cours de vos promenades sur les sites de la Justice, la Revère et la Forna, un panorama stupéfiant de beauté et qui donnera lieu à un exercice de repérage géographique. A vos pieds, se déroule le littoral de San Remo à Saint-Tropez, et au loin, lorsque la mer se confond avec la ligne d'horizon, vous aurez peut-être un jour la chance d'apercevoir la Corse.
Lorsque vous tournerez votre regard vers l'intérieur, c'est la majesté des cimes bleues ou blanches du Mercantour, se dressant au-dessus des reliefs plus doux des préalpes, qui le retiendra. La table d'orientation installée à votre intention vous sera un précieux renfort pour vous aider à mettre un nom sur les reliefs, les villes ou les villages que vos yeux rencontreront.
Cette zone, privilégiée par sa position dominante et la douceur de son climat, a été occupée par des peuplades celto-ligures qui y édifièrent de nombreux ouvrages défensifs. Des fouilles menées sur le mont Bastide par les chercheurs de l'université de Nice-Sophia Antipolis ont confirmé l'existence d'un site pré-romain et romain occupé de 200 avant J.C. jusqu'au IIIe siècle de notre ère.
Au XIXe siècle, la position stratégique remarquable du site a conduit les autorités militaires à faire bâtir des installations défensives. Les forts de la Revère et de la Drête ont été construits en 1870, pour la protection de Nice, avec des pierres de taille provenant des anciennes fortifications ligures. Armés de puissantes pièces d'artillerie, ils possédaient de nombreuses poudrières disséminées sur le plateau. La route stratégique militaire de la Forna surplombe le littoral en corniche et présente des murs de soutènement ainsi que des parapets en pierre de taille caractéristiques de l'architecture militaire.
L'ensemble du parc se développe sur des plateaux calcaires bordés de falaises ou "baous" caractérisés par un paysage où l'eau a sculpté la roche et dégagé des formes typiques de cette érosion : grottes et gouffres (aven de la Simboula à la Revère), dolines (cuvettes de plusieurs dizaines de mètres provenant de la dissolution des roches et souvent reliées à un gouffre), lapiaz (affleurements de roches fissurées, sculptées et cannelées par les eaux). Ce parc est l'une des dernières zones possédant une végétation caractéristique des écosystèmes littoraux des Alpes-Maritimes.
On y recense 450 espèces de végétaux, dont certaines protégées au plan national, parmi lesquelles figurent le caroubier, l'ophrys de Bertoloni, la lavatère maritime et la nivéole de Nice.
Le parc est l'un des plus intéressants sites d'observation de l'avifaune. On y trouve notamment les grands rapaces qui profitent des courants ascendants du relief côtier (hiboux, grands ducs, aigles), mais aussi des sangliers, lapins, blaireaux et renards, ainsi que des espèces rares d'oiseaux. C'est aussi l'un des seuls abris d'Europe du lézard ocellé.