
Les zones marines protégées
Les objectifs de cet aménagement :
- un repeuplement en poissons,
- une augmentation de la biodiversité et la reconstitution d'un équilibre naturel,
- une amélioration de la pêche professionnelle à la périphérie de ces zones, grâce à l'augmentation de la ressource en poissons.
Elles possèdent le statut juridique de Concessions de Cultures Marines et sont attribuées conjointement au Conseil général des Alpes-Maritimes et Comité Local des Pêches. Les plongeurs de la section Mer du Conseil général en assurent la gestion et le suivi scientifique.
Une protection intégrale
Ces zones marines sont entièrement protégées par deux arrêtés qui en réglementent les activités:
- interdiction de pêche sous toutes ses formes,
- interdiction de plongée sous-marine,
- interdiction de mouillage,
- interdiction de dragage.
Des symboles d'interdiction, sur les bouées et les cartes marines, signalent cette réglementation.
Plus de 15.000 m3 de récifs artificiels
En complément de leur protection, ces zones marines sont aménagées en récifs artificiels pour que la vie sous-marine s'y développe. Les récifs artificiels reproduisent le relief accidenté des fonds rocheux naturels.
Ils servent de support à la faune et à la flore, maillons indispensables de la chaîne alimentaire. Leurs agencements hétérogènes créent une multitude d'habitats, de lieux de reproduction et d'abris de tailles variées, permettant l'installation de peuplements de poissons diversifiés. Les 15 200m3 de récifs présents dans les trois zones comportent différents modèles.
Des tas chaotiques
Les résultats observés en plongée sur les premiers récifs immergés ont permis d'évoluer vers les modèles de récifs plus efficaces. Les récifs expérimentaux d'origine, construits "artisanalement" avec des matériaux de récupération (pneu, bornes...) ou de construction (brique, tuiles...) ont ainsi été remplacés par des récifs standardisés en béton marin (modules cubiques de 1 à 2 m3, et modules géants de 158 m3).
Les aménagements à grande échelle réalisés à partir de 1985, utilisent ces modèles standards : ainsi, chaque récif artificiel est constitué d'une centaine de petits modules cubiques disposés en tas chaotiques, associés à des modules géants. Par ailleurs, des expériences sur l'architecture des récifs en place, sont en cours pour optimiser leur efficacité.
Une "première" en Méditerranée
Les derniers modèles de récifs immergés sont des bateaux, nettoyés de toutes sources polluantes:
- en 1993 "l'Espadon", remorqueur de 17m en acier,
- en 1996 "le Moana", chalutier en bois de 14m
- en 1999 "le Valérie", voilier de 11m en bois.
L'utilisation d'épaves comme récifs artificiels dans une zone protégée, et à but scientifique, représente une expérience unique sur le littoral méditerranéen.
Des peuplements comparables aux zones rocheuses
Les études scientifiques menées en plongée, démontrent l'efficacité des récifs artificiels combinés à une protection intégrale. Ils mettent en évidence l'enrichissement de zones pauvres en poissons par:
- le retour d'espèces rares, d'intérêt commercial (sars, daurades, pagres, denti, corbs) ou patrimonial (mérou),
- l'accroissement de la densité des populations,
- l'augmentation des tailles moyennes et maximales des poissons.
Les peuplements de poissons recensés sont comparables à ceux des zones rocheuses naturelles, avec près de 20 familles et plus de 70 espèces (dont la moitié d'intérêt commercial).
Quatre bouées jaunes surmontées d'une croix de Saint-André délimitent ces espaces marins de 25 ou 50 hectares.

Zone marine protégée de Beaulieu-sur-Mer
Cette zone marine protégée a été créée en 1982.
L'arrêté préfectoral (n°95-2 CM) du 12 mai 1995 lui confère un statut de concession de cultures marines.
Elle bénéficie d'une protection intégrale: l'arrêté de la préfecture maritime (n°23/95) du 6 juillet 1995 interdit le mouillage, les dragages et la plongée ; un arrêté ministériel interdit la pêche sous toutes ses formes.
Elle se trouve à 300m au large du port de Beaulieu. D'une superficie initiale de 25 hectares, ses fonds oscillent entre 25m et 50m de profondeur.
En deux phases de 1982 à 1991, près de 2900m3 de récifs artificiels ont été immergés en tenant compte des résultats obtenus dans la zone de Golfe-Juan :
- 300 m3 de récifs "artisanaux": sorte de petites tours génoises formées de briques, tuiles et parpaings,
- 2600 m2 de récifs standards en béton armé marin, cubiques (de 1 m², 1,4m² et 2 m²) ou géants (158 m²).

Zone marine protégée de Vallauris - Golfe-Juan
Crée en 1980, c'est la première zone marine protégée apparue dans les Alpes-Maritimes.
L'arrêté préfectoral (n°95-1 CM) du 12 mai 1995 lui confère un statut de concession de cultures marines.
Elle bénéficie d'une protection intégrale:
- l'arrêté de la préfecture maritime (n°21/95) du 6 juillet 1995 interdit le mouillage, le dragage et la plongée,
- l'arrêté ministériel du 23 mars 1988 interdit la pêche sous toutes ses formes.
D'une superficie de 50 hectares, elle se situe à environ 500 m du rivage dans la partie ouest
de la baie. Ses fonds varient de 17 à 55 m de profondeur.
En deux phases, près de 8 000 m3 de récifs artificiels ont été immergés:
- pendant la période expérimentale de 1979 à 1883, 3.900 m3 de récifs "artisanaux": sortes de petites tours génoises constituées de briques, tuiles et parpaing ; pneus assemblés ou dispersés ;
pendant la phase d'aménagement amorcée en 1985, 3.700 m3 de récifs "standards"en béton armé marin, cubiques (de 1 m3, 1.4 m3 et 2 m3) ou géants (158 m3); deux épaves de bateaux en 1993 et en 1996.

Zone marine protégée de Roquebrune - Cap-Martin
Cette zone marine protégée a été créée en 1983.

L'arrêté préfectoral (n° 95-3 CM) du 12 mai 1995 lui confère un statut de concession
de cultures marines.
Elle bénéficie d'une protection intégrale:
- l'arrêté de la préfecture maritime (n° 22/95) du 6 juillet 1995 interdit le mouillage, le dragage et la plongée ;
- l'arrêté ministériel (n° 1739 p-6) du 8 juin 1988 interdit la pêche sous toutes ses formes, y compris du rivage.
Elle occupe dans la baie de Roquebrune une superficie de 50 hectares, de la côte jusqu'à des fonds de 40 mètres.
4.338 m3 de récifs artificiels ont été immergés, en tenant compte des résultats obtenus dans les autres zones. Ils se composent presque uniquement de modèles standards en béton armé marin, cubiques (de 1 m3, 1,4 m3 et 2 m3) ou géants (158 m3).