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Christian Estrosi vous présente
l'exposition.
En cette année 2004, 60e anniversaire
de la Libération, il est de notre devoir de nous incliner
devant les combattants de l’ombre, ces hommes et ces femmes
dont le souvenir nous éclaire. Ils furent le symbole de la
France que nous aimons, une France libre, généreuse
et tolérante, fière des valeurs humanistes qu’elle
porte haut depuis des siècles.
J’ai souhaité que le Conseil
général des Alpes-Maritimes rende hommage à
tous ceux qui, face à des régimes qui semaient la
terreur, la haine et la mort, ont opposé le visage de la
vie, de la liberté et « l’accent invincible de
la fraternité » évoqué par André
Malraux.
Les Alpes-Maritimes qui ont su affronter
avec dignité et courage cette période difficile de
l’histoire nationale, furent un lieu d’accueil pour
de nombreux réfugiés.
C’est naturellement vers elles que
Jean Moulin se tourna en 1942. Enfant des bords de la Méditerranée,
profondément attaché à son Languedoc natal
et à la Provence, Jean Moulin dessinait à l’âge
de six ans.
La Promenade des Anglais, anticipant ainsi
son choix d’ouvrir à Nice la galerie Romanin, couverture
officielle de ses activités clandestines. Jean Moulin, l’artiste
résistant conjuguait ainsi sa passion pour l’art et
son engagement au service de la France Libre.
En organisant, pour la première
fois dans les Alpes-Maritimes, une telle manifestation le Conseil
général invite les visiteurs de l’exposition
à découvrir, derrière l’image traditionnelle
du héros emblématique de la Résistance, un
homme amoureux de la vie, chaleureux, sensible, généreux,
mais aussi espiègle, rieur, caustique.
Attiré dès son plus jeune âge par
le dessin, Jean Moulin connut, dès l’adolescence, une
belle notoriété de caricaturiste.
Elle s’enrichit au fil des ans par le regard
lucide et amusé que le jeune haut fonctionnaire portait sur
le monde cosmopolite et frivole qui s’offrait à lui
et dont, sous le pseudonyme de Romanin, il sut saisir les travers.
Mais son trait pouvait également devenir émouvant,
douloureux et puissant pour exprimer la souffrance humaine ou la
tendresse familiale.
D’un esprit curieux et d’un goût
certain, Jean Moulin sut acquérir une magnifique collection
de tableaux qu’il exposa à Nice dans la galerie Romanin.
Le professionnalisme du préfet révoqué, son
sens de la communication et son ouverture sur les œuvres des
plus grands de l’époque réfugiés sur
la Côte d’Azur firent de la galerie non seulement un
alibi, mais également un vrai centre culturel.
La famille, les amis de Jean Moulin gardent au fond
de leur cœur le souvenir de la grandeur morale de cet homme
d’exception. Je tiens à leur témoigner ma gratitude
ainsi qu’à tous ceux qui veillent avec compétence
et affection sur son image et ont permis au Conseil général
de réaliser cette exposition.
Jean Moulin, l’artiste-résistant vous dévoile
sa passion et son talent : suivez-le.
Christian Estrosi
Député,
Président du Conseil général des Alpes-Maritimes |